Who's Who in France: biographies des meilleurs talents français

3 questions à Philippe Jaenada

3 questions à Philippe Jaenada

Régulièrement, le Who’s Who donne la parole à une personnalité. Le principe est simple : 3 questions, 3 réponses.
Quelques mots ou plusieurs lignes, libre à chacun d’y répondre selon son inspiration.

 

Il a été vendeur de tableaux en porte à porte, animateur de minitel rose, rédacteur et chroniqueur pour des magazines, traducteur et échotier… Mais c’est en tant qu’écrivain que Philippe Jaenada s’est fait un nom. Son premier roman Le Chameau sauvage obtient le prix de Flore et le prix Alexandre Vialatte en 1997. Suivent notamment Néfertiti dans un champ de canne à sucre, La Grande à bouche molle et Sulak récompensé en 2013 par de nombreux prix.


Son dernier roman, La Petite femelle paru à l’automne 2015, raconte l’histoire de Pauline Dubuisson, accusée d'avoir tué de sang-froid son amant. La France entière réclame sa tête… Mais personne n’a jamais voulu écouter sa version des faits. Philippe Jaenada lui rend justice avec un récit minutieux et passionnant, à lire comme un roman policier où l’humour et les digressions caractéristiques de l’écrivain sont toujours présents.

Philippe Jaenada sera sur la Scène littéraire (N18) pour une conférence « La panoplie littéraire » le samedi à 16h. Il sera également en dédicace sur le stand Julliard-Robert Laffont le samedi à 17h et le dimanche à 14h.
 



 

- De quoi êtes-vous le plus fier dans votre carrière ?

 

Ce dont je suis le plus fier dans ma "carrière", je pense, c'est de n'avoir jamais cédé à la pression des éditeurs (ou de leur entourage, assistants, correcteurs, etc.) qui tentent toujours, disons plutôt souvent pour ne pas trop généraliser, de "normaliser" les manuscrits, de rogner tout ce qui dépasse, de faire toujours le plus court possible, d'obtenir un "produit" carré, ou cubique, dense et lisse. On m'a demandé, un nombre incalculable de fois, de moins utiliser les parenthèses, de supprimer en tout cas toutes les doubles parenthèses, de supprimer aussi une bonne partie des digressions qui émaillent mes livres (souvent trop, je sais bien, mais tant pis), et, quasiment toujours, de raccourcir : telle scène de dix pages peut tout à fait être racontée en trois, tel chapitre est inutile, telle anecdote est beaucoup trop longue. J'ai toujours "résisté". Bien sûr, je me suis peut-être parfois trompé, il est sans doute arrivé plus d'une fois que les éditeurs aient "raison", mais au moins j'ai toujours écrit mes livres, pas ceux qu'aurait préférés la maison d'édition. (Pour être honnête, je dois reconnaître qu'il n'y a jamais eu de résistance féroce de la part de l'éditeur, qu'on m'a toujours laissé faire ce que je voulais (en particulier chez Julliard). Mais pour un auteur, surtout au début, il n'est pas toujours évident de ne pas se laisser influencer.)
 

 

- Quel(s) autre(s) métier(s) auriez-vous aimé exercer ?


Il y a quelques années, j'aurais dit "détective", parce que j'aime fouiller dans la vie des gens. Aujourd'hui, indiscutablement, je me dis que j'aurais aimé travailler d'une manière ou d'une autre dans un service d'archives. J'ai découvert ça depuis que j'écris sur d'autres gens que moi, sur des vies passées. Ça a aussi un rapport avec la vie des gens, bien sûr, mais ceux-là sont morts, pénétrer leur intimité est moins gênant, moins indélicat. Ça me passionne. Les traces qu'on garde des vies éteintes, 50 ou 100 ans, à l'abri dans de gros dossiers.

 

- Avez-vous un ou des modèles ? Une personnalité qui vous a inspiré ?

 

Mon modèle, à différents niveaux, est Charles Bukowski. Aussi bien pour sa manière de vivre, à la fois sensible et invulnérable, ancré dans la vie et détaché, que bien sûr pour son écriture, son style : il se met entièrement, et simplement en apparence, dans ce qu'il écrit. Ses textes me semblent une "traduction" remarquablement fidèle, sans déperdition, de sa personnalité, de son être. Il écrit ce qu'il est, et il est ce qu'il écrit. C'est un peu mon but…

 

- Question subsidiaire : Quelle question auriez-vous aimé que l’on vous pose ? Quelle en serait la réponse ?


La question que j'aurais aimé qu'on me pose : "Pourquoi tu passes toute ta vie à écrire ?" Et j'aurais répondu, puisque je n'ai pas la réponse : "Bonne question." (Les meilleures questions sont celles auxquelles on ne peut pas répondre, sinon c'est trop facile.)


 


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