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Bilan du Salon du Livre 2012


Comme tous les ans depuis 1981, une foule immense s’est pressée pour faire mentir ceux qui estiment que « les gens ne lisent plus ».



Chaque visiteur pourrait raconter son propre roman parce que chacun y va avec ses propres intentions : du simple lecteur à l’amoureux du Japon (pays mis à l’honneur cette année), de l’auteur consacré à celui qui espère « placer » son manuscrit, du politique qui se doit de s’y montrer au petit éditeur qui tente de défendre son catalogue.

 

Quelques chiffres

 

Le Salon du Livre de Paris a donc fermé ses portes lundi soir, quatre jours après son ouverture. Combinaison d’un intérêt certain pour le livre et d’un baromètre froid et pluvieux, l’édition 2012 a vu son nombre de visiteurs augmenter de 5 % par rapport à la précédente édition, pour franchir la barre des 190 000 entrées.

 

S’agit-il pour autant d’un succès commercial ? Pendant quatre jours, la halle d’exposition de la porte de Versailles devient la plus grande librairie de France. La plus grande… et la seule payante, ce que certains visiteurs ne se sont pas privés de faire remarquer, le prix du billet d’entrée étant bien plus élevé que celui d’un livre de poche. Organisé par Reed Expositions France et le Syndicat national de l’édition, le Salon représente 2000 auteurs invités venant de 40 pays, des éditeurs des quatre coins de la France ou du bout du monde, des ateliers, des rencontres, conférences, débats, expositions…

 

Des allées surpeuplées

 

Pour les lecteurs, c’est l’occasion de rencontrer des auteurs et d’avoir une dédicace. Comme à chaque fois, Amélie Nothomb, Jean d’Ormesson, Eric-Emmanuel Schmitt et Philippe Delerm ont eu leur part de succès, tout comme Stéphane Hessel, l’un des plus gros vendeurs de livres en 2011. Frédéric Beigbeder et David Foenkinos, qui ont tous deux adapté un de leurs romans au cinéma ne sont également pas passés inaperçus. Et, si sur les 2000 auteurs présents, tous n’ont pas un visage connu du grand public, nombreux sont ceux qui ont leurs fidèles lecteurs, comme Véronique Ovaldé, Philippe Besson, Sorj Chalandon, ou encore Annie Ernaux.

 

Les visiteurs sont également à la recherche des nouvelles plumes, ces jeunes romanciers moins connus comme la surprenante Cécile Coulon, tout juste vingt et un ans et déjà deux excellents romans chez Viviane Hamy ou encore Jean-Claude Lalumière, dont le Front russe paru au Dilettante en 2010 prolonge son succès au Livre de Poche.

 

En dehors des romanciers, il y a ces visages que l’on connaît, ces auteurs qui ont toujours attiré la sympathie du public, quel que soit leur domaine de compétences, comme le scientifique Hubert Reeves, l’ancien footballeur Lilian Thuram, les journalistes Laure Adler et surtout Anne Sinclair, à l’origine d’un véritable attroupement sur le stand des éditions Grasset.

 

Des éditeurs de tous horizons

 

Les visiteurs, selon leurs goûts ou au gré de leurs déambulations, se sont pressés sur les stands de leurs éditeurs fétiches, qu’il s’agisse des plus grands et des plus réputés, comme Gallimard, Stock, Le Seuil, Fayard, Actes Sud, Nathan, Glénat, Dargaud ou tombant sous le charme de plus petites structures comme les éditions Attila. D’autres encore se sont regroupés sur les stands régionaux comme celui de l’Aquitaine avec L’arbre vengeur, les éditions William Blake, Stéphane Million, ou celui de la région Ile de France avec les éditions Asphalte, Antidata ou encore Quidam qui s’apprête à fêter ses dix ans. Car c’est cela aussi le Salon du Livre : la possibilité de découvrir des auteurs et des éditeurs qui sortent des sentiers battus.

 

Un peu de politique

 

Evidemment, les politiques ne sont pas en reste, qu’ils soient là dans le cadre de leurs fonctions, comme le ministre de la culture Frédéric Mitterrand, ou qu’ils battent campagne comme François Hollande. Plus original, Jean-Louis Debré y était pour dédicacer ses polars publiés chez Fayard. D’autres, enfin, sont venus incognito, en simples lecteurs, comme Pierre Moscovici.

 

Un salon professionnel

 

Mais le Salon du Livre est également pour les professionnels l’occasion de se rencontrer, de débattre de l’avenir du livre et du poids du numérique alors que, pour la première fois, Amazon a son propre stand sur le Salon. Des représentants et des distributeurs, des imprimeurs, des fabricants de PLV, des responsables de foires du livre, des critiques, des chroniqueurs et des blogueurs, des traducteurs… et des libraires qui vont rencontrer ces éditeurs qu’ils défendent tout au long de l’année, comme L’Attrape-Cœurs qui ouvre une deuxième librairie dans le 15ème arrondissement, signe que le numérique n’emporte pas tout sur son passage.

 

Livres numériques et hausse de la TVA ont été les deux thèmes à la mode, ajoutés au rachat des éditions Flammarion pour lequel Françoise Nyssen d’Actes Sud s’est portée candidate afin de « défendre l’indépendance et la pluralité de l’édition française ».

 

On vous l’a dit, le Salon du livre est une histoire complexe. Et si chaque visiteur en faisait son propre récit, les 190 000 livres qui en ressortiraient seraient fort différents les uns des autres.

 

 

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