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Et si lire nous aidait à changer de regard ?

Et si lire nous aidait à changer de regard ?


 Hermann Hesse, prix Nobel de littérature, figure majeure de la littérature allemande du XXe siècle écrivait ceci dans Le Loup des steppes : "L'être humain ne dispose pas d'une grande capacité de penser ; même le plus intellectuel et le plus cultivé des hommes voit le monde et sa propre personne à travers un prisme de formules très naïves, simplificatrices, qui travestissent la réalité".


Femmes et hommes du XXIe siècle, nous n'échappons pas à ce constat. Centrés naturellement sur nos vies quotidiennes, sur notre entourage, sur nos problématiques du moment, nous ne savons plus voir au-delà. Notre regard converge dans une direction unique, ne nous dévoilant qu'une facette du monde. Nous sommes immobiles !
Et si chacun ouvrait ne serait-ce qu'une fenêtre de sa maison intérieure, ou montait au premier étage pour prendre de la hauteur ? Et si cette ouverture, ce déplacement, se trouvait derrière la porte d'une librairie ?



"Pour l'homme, le monde des livres est le plus grand des mondes dont la nature ne lui a pas fait cadeau et qu'il a dû créer avec son propre génie" rappelle Hermann Hesse dans La Magie du livre : écrits sur la littérature. Décidément il faut croire que ce grand romancier, nous prenant par la main, cherche à nous perdre dans le dédale des rayonnages de librairies, nous murmurant au passage que nous portons en nous notre capacité à nous ouvrir, tout en l'ignorant souvent.
La littérature est là, toute proche, elle vit, elle est multiple et elle peut nous aider à changer notre regard sur nos sociétés, sur nos a priori et nos prismes déformants.


Les écrivains nous rappellent sans cesse que la différence peut être source de richesse à l'image du délicieux Olivier Liron (Einstein, le sexe et moi, Alma éditeur). Et même si la violence du monde ne peut être ignorée, parfois ce sont juste les mots d'un "baoul" (Idiot en corse) qui viennent bouleverser notre perception des choses, comme le fait Anto dans Simple (Julie Estève chez Stock). La langue à elle seule peut vous déplacer. Le rythme, la cadence, nerveuse, saccadée d'Hector Mathis dans K.O. (Buchet-Chastel) en est un parfait exemple. Et quand Serge Joncourt nous oblige, à travers ses personnages dans Chien-Loup (Flammarion) à penser à la part d'animalité qui nous habite tous ? Nous ne sortons pas toujours indemnes de nos lectures.


"Ne poser aucune limite à mon regard sur le monde" écrit Tiffany Tavernier, talentueuse observatrice de l'âme humaine, qui nous fait transiter par Roissy (Sabine Wespieser) en passant par les des sous-sols et des pistes que nous ignorions jusqu'alors.
Alors la réponse est oui.
Oui, lire nous aide à changer de regard.
Lisons ! Pour ne pas faire de sur place autour de nos egos, pour avancer, sans oublier que "les choses se déforment facilement quand on regarde en arrière" (Herman Hesse, Biographie indienne)

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