Un abécédaire territorial pour les présidentielles


Par Jean-Luc Bœuf, Chargé du pôle analyses et prospectives à la direction du développement territorial et du réseau de la Caisse des dépôts et consignations (CDC)

Les dévouements les plus généreux que « la République au village » suscite sont le plus souvent obscurs et silencieux, à l'image des élus...



Sans les maires et les conseillers municipaux, les élections ne pourraient se dérouler. En ces derniers jours de présidentielles, rendons leur hommage à travers ce court abécédaire territorial.

 

A comme agents municipaux : ceux sans qui le scrutin ne serait pas prêt

B comme bureaux de vote : une mécanique bien huilée à travers le territoire pour un déroulement optimal du scrutin

C comme communes test : même à l'heure des réseaux et des comptes twitters, elles permettent une première vision des résultats

D comme dépouillement : un moment citoyen de partage démocratique, avant les résultats

E comme élections : rigoureusement contrôlées par l'Etat, elles ne peuvent se dérouler sans les maires... agents de l'Etat pour la circonstance

F comme financement : les élus oublient ce mot devenu tabou l'espace d'une journée

G comme général Boulanger : il retarda l'élection au suffrage universel direct du président, à une époque où la République peinait à se consolider

H comme hôtel de ville : la mère des révolutions hier ; le lieu de l'expression paisible de la démocratie aujourd'hui

I comme isoloir : une invention somme toute récente quand on songe aux élections du XIXe siècle, où chaque électeur inscrivait son vote et apposait sa signature...

J comme joutes, celles de la campagne, où la question de la décentralisation s'est le plus souvent résumée aux territoires et à la présence des services publics

K comme Krivine : il est bien révolu le temps où un candidat à la présidentielle effectuait en même temps son service militaire et où son colonel lui signait ses autorisations d'absence pour battre la campagne

L comme Lamartine : le candidat malheureux à la présidentielle de 1848 était présenté dans les campagnes par les partisans du « neveu du grand empereur » comme une femme :  « la Martine »

M comme millions d'électeurs : les territoires comptent aujourd'hui autant d'électeurs que la France d'habitants lors de l'instauration de la Cinquième République

N comme notoriété : la commune dont le taux de participation sera le plus important sera célèbre un quart d'heure...

O comme Outre-mer : un vote très convoité, malgré le décalage horaire

P comme panneaux électoraux : devant chacun des dizaines de milliers de bureaux de vote, un agencement identique, propre à de futures photos à la Depardon

Q comme quotas : désormais la seule élection qui en soit dépourvue

R comme repas : les milliers de repas qui seront, le jour J préparés en liaison froide ou chaude pour sustenter celles et ceux qui « tiennent » les bureaux de vote

S comme signatures : sources de notoriété ou d'embarras... La République au village préfère la discrétion !

T comme territoires, le mot qui se décline à satiété, tel un phénomène

U comme urne : les photos des candidats déposant leur bulletin dans l'urne seront reprises par tous les medias durant la journée

V comme victoire, celle de la démocratie

W comme wagon car le prochain wagon de la décentralisation dépendra des résultats

X comme les inconnues nombreuses

Y comme « Yaka », une armée très nombreuse, et pas nécessairement organisée ni constructive

Z comme zéro pointé à celles et ceux qui pensent qu'il est temps de supprimer les communes, et à qui l'on donnera à copier l'abécédaire avant de s'exprimer désormais...

 

 

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