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Délais de paiement : la mauvaise réputation

Délais de paiement : la mauvaise réputation


Les délais de paiement, pour les PME, c’est un peu l’éternel retour. On doit cependant éviter la multiplication des normes et mettre en avant le "name and shame".

 

L’Observatoire des délais de paiement vient de publier son nouveau rapport annuel. Les délais de paiement, pour les entreprises, c’est un peu l’éternel retour. On doit l’amélioration de notre connaissance du sujet au travail précis effectué par l’équipe de l’Observatoire menée par sa présidente, Jeanne-Marie Prost  qui, méthodiquement et en profondeur, applique les mêmes bonnes recettes que celles utilisées lorsqu’elle dirigeait l’Observatoire du financement des PME. En En effet, depuis les mesures prises par Bercy, en 2015, la situation des PME s’est améliorée. Mais, si globalement la situation s’améliore, et que l’Etat devient un meilleur élève, tout n’est pas réglé. Loin de là. En France, les retards de paiement sont encore responsables d’un quart des défaillances d’entreprises, d’un manque de trésorerie de près de 16 milliards d’euros et de dizaines de milliers d’emplois perdus dans les territoires.
C’est dans ce contexte qu’il est important de souligner l’utilité d’une nouvelle mesure : « le name and shame ». Et dans ces colonnes, ce type de dispositif peut pas laisser indifférent. La politique de « name and shame » consiste à rendre publique la liste des mauvais payeurs et les sanctions financières qui les touchent En France nous sommes au commencement du « name and shame » et cela porte ses fruits. Ainsi, on est passé, en moins deux ans, de 5 à 47 entreprises épinglées pour mauvaise conduite. L’augmentation des amendes appliquées par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) à sans doute eu un effet dissuasif. Elles peuvent désormais s’élever jusqu’à deux millions d’euros. On est loin de l’aumône du début qui allait jusqu’à 375 000 euros, pour une personne morale.


Mais toucher au porte monnaie d’un grand groupe qui délocalise une partie de ses activités, sa production et ses revenus financiers a, n’en doutons pas, ses limites. C’est pourquoi alors que toutes les entreprises qui veulent se développer et gagner des parts de marchés communiquent sur leur responsabilité sociétale (RSE) épingler publiquement leur absence de vertu ou plus précisément leur mauvaise réputation peut avoir pour elles, et pour leurs dirigeants, un effet ravageur. Surtout lorsque l’on engage une partie de son budget marketing et communication pour montrer, aux Etats, au monde des entreprises, des médias et du grand public, que l’on est meilleur que les autres.


Aujourd’hui, nous sommes tous préoccupés de morale, par la recherche de sens, l’éthique voire l’équité. Et la nature des relations des entreprises entre-elles, des entreprises avec leurs salariés, des entreprises avec la traçabilité des produits distribués, des entreprises avec les territoires est devenu un étendard incontournable. Plus on mettra en avant les bonnes pratiques et donc par défaut la mauvaise réputation, plus on arrivera à faire un effet de levier sur les délais et les petits retards de paiements.


Ces deux dernières années, nous avons connu des taux d’intérêts extrêmement bas. Les établissements financiers ont joué le jeu du financement des entreprises. Les retards de paiements ne peuvent plus être justifiés par la situation économique… La multiplication des retards de paiement n’est donc pas le fait d’instabilités externes mais de comportements et de procédures : mauvaises pratiques internes, lenteurs dans la chaine de décisions, manque de simplifications et mauvaises habitudes. C’est pourquoi, avant d’appeler à la mise en place de nouvelles règles législatives, le monde des entreprises doit balayer devant sa porte, mettre un terme aux mauvais pratiques et travailler à réduire le rapport de léonin qui existe toujours entre PME et grands groupes.
 

 

Bernard COHEN-HADAD
Président de la CGPME Paris
Président du think tank Etienne Marcel

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