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Du secret au Sacré, Hommage à la beauté mystérieuse de la Femme

Du secret au Sacré, Hommage à la beauté mystérieuse de la Femme


Du secret au Sacré


La première des religions, celle de la Déesse Mère apparait en Occident il y a plus de 35 000 ans en France, dans la grotte Chauvet. Ce culte a prospéré tout autour de la Méditerranée pendant plusieurs milliers d’années pour aboutir à l’image d’Isis allaitant Horus. Cette figure annonçait la Vierge Marie et l’enfant Jésus exemples parfaits de l’iconographie Chrétienne au Moyen Âge.
Mais cette religion était universelle. Elle était pratiquée également en Amérique précolombienne où l’on vénérait Pacha Mamma et Coatlicue. En Chine la créatrice de l’humanité s‘appelait Nuwa et en Inde : Parvati. En fait il n’est pas de continent qui n’ait vénéré la déesse procréatrice et nourricière dans son Panthéon.
Mais comment aborder cette religion ? Chez les Celtes Nemona, la déesse mère est un arbre, le sorbier. La métaphore est évidente le feuillage représente la toison du ventre et le tronc la fente verticale cachant l’essentiel. L’arbre, dans toutes ses beautés est le premier symbole étudié dans cette exposition.
La mandorle (amande en italien) figure dans le christianisme et dans le bouddhisme la gloire ovale dans laquelle la divinité est inscrite. Cette image représente à la fois la vie éternelle et l’appartenance au monde sacré. Certains chercheurs considèrent la mandorle comme une stylisation de la femme.


La mandorle


En occident, le christianisme a progressivement fustigé le plaisir procuré par l’acte d’amour. Il n’en demeure pas moins que le sexe féminin est pratiquement présent dans toute la symbolique chrétienne.
Tout commence par cette extraordinaire « mandorle ». Venant de l’italien mandorla qui veut dire amande, la mandorle est une gloire ovale dans laquelle la divinité est inscrite. Il s’agit en général de Dieu au moment du Jugement Dernier ou du Christ en majesté ou même de la Vierge Marie.
Les tympans des églises romanes (à l’abbatiale Sainte-Foy de Conques, à Saint-Trophime en Arles ou à Sainte Marie-Madeleine de Vézelay) et certains portails des cathédrales gothiques (portail royal de la cathédrale de Chartres ou portail central de la cathédrale d’Amiens), présentent régulièrement le Christ en majesté dans une mandorle, entouré du tétramorphe. Parfois même il s’agit de la Vierge Marie entourée des apôtres à la Pentecôte (église de Perse dans le Lot).
Mais la mandorle n’est pas réservée au christianisme car le bouddhisme utilise également cette figure pour représenter les Boddhisattvas lorsqu’il est nécessaire de souligner leur caractère sacré.

Il s'agit donc d’une figure archétypale dont les sources font partie de l’inconscient collectif et non pas d’une interprétation purement chrétienne. Sa signification est alors évidente. La mandorle indique que le personnage est vivant. Il vient de la vie et demeure vivant éternellement.

 

L’Origine du monde


Lorsque Gustave Courbet a peint L’Origine du monde, satisfaisant la commande d’un amateur, il savait qu’un jour ce tableau heurterait  le « bon goût » et le ferait connaître à tout jamais. 
Mais l’appeler L’Origine du monde  donnait à l’œuvre une importance quasi biblique puisqu’elle mettait en exergue la source symbolique de l’Humanité. De surcroît  la noirceur de la toison du modèle pouvait également donner l’impression que ce monde ne pouvait être qu’obscur. Ainsi pouvait-on l’appeler également « L’Obscur objet du désir » ! si bien décrit par Luis Buñuel dans son film en 1977.
Le psychanalyste Lacan fut l’ultime collectionneur privé du tableau de Courbet. Il ne s’était pas trompé en le cachant chez lui à l’abri de tout regard autre que le sien. Ce n’est qu’en 1995, lors de sa succession, que le monde sut que ce tableau existait et découvrait son titre.


Le poids de l’histoire et de la  religion


Si ce tableau dérange c’est parce qu’il évoque un sujet rarement décrit. Le sexe de la femme dans sa globalité est une partie du corps dont on parle parfois mais que l’on cache. Peu de peintres ou de sculpteurs en occident  semblent s’être intéressés à cet espace secret.
La raison essentielle est historique et religieuse. Le monde occidental est marqué par le christianisme. Cette religion a, pour sa part, parlé du sexe féminin comme étant un domaine particulier de ses préventions. « Le péché de chair » est situé entre la culpabilité et la souillure. Il confère au plaisir sexuel  un sens interdit souvent à l’origine de douleurs ou de malheurs. De même dans la Torah, si, dans le Cantique des Cantiques, texte hautement sensuel  et mystique, on parle d’amour et de relations sexuelles, on ne décrit que métaphoriquement « le ventre » féminin.
Cette prévention perdure de nos jours. Par exemple, les organisateurs de la  récente exposition en été 2014 sur ce sujet  au musée d’Ornans ont  trouvé difficilement des descriptions réalistes du sexe féminin et se sont souvent contentés de  montrer des figures de nus classiques. L’« omerta » fut plus forte que le souci de la vérité. N’oublions pas que Facebook a supprimé l’origine du monde de son iconographie.

Trois principes ont guidé  cette série de travaux sur l’« hommage à la beauté mystérieuse de la femme. Du secret au sacré » : la documentation, le travail et le respect.
C’est avec  infiniment de respect pour la Femme et les femmes, que j’ai effectué ces travaux. Je ne les remercierai jamais assez de m’avoir fait confiance et de s’être livrées à mon regard  analytique. Elles ont accepté de poser avec constance et même sollicitude. Ici plus que jamais les modèles étaient partie prenante de l’œuvre. Sans leur participation active il n’aurait pas été possible de parvenir à un résultat tangible. Tous les dessins figuratifs ont été inspirés in situ, puis ont été contrôlés par des médecins dont un obstétricien. Les hommes de l’art ont validé les dessins en leur reconnaissant un caractère clinique indiscutable. Rien n’est inventé dans cette série.

Respectueusement, comme Racine dans Andromaque :
"Je demeurai longtemps errant dans Césarée lieux charmants où mon cœur vous avait adorée."


Résumé du texte original à l’occasion de l’exposition « Du secret au Sacré, Hommage à la beauté mystérieuse de la Femme » à la galerie Sept à Boulogne-Billancourt.


Alain Husson-Dumoutier
Expert financier, Artiste peintre, Sculpteur
www.husson-dumoutier.org
 

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