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Pour une approche globale de l'architecture

Pour une approche globale de l'architecture


Concevoir l’architecture a donné lieu de tout temps à un travail de synthèse. La différence aujourd’hui, est qu’il est nécessaire de prendre en compte beaucoup plus de paramètres et de contraintes.

 

Nos approches actuelles de l’architecture, de l’urbanisme et de l’ingénierie fondées sur la juxtaposition de spécialistes séparés, ne suffisent plus à répondre à cette complexité sans cesse grandissante. Ce constat nous oblige à penser, à s’organiser et à travailler autrement ; c’est là que réside l’innovation, le fondement d’une nouvelle architecture, la Global Architecture. Hier, le concepteur était un créatif isolé capable de répondre à des questions plutôt simples. Puis il s’est associé à d’autres concepteurs de même compétence, c’était rassurant mais peu efficace pour affronter la complexité.

 

Aujourd’hui les concepteurs travaillent avec d’autres spécialistes par besoin, par obligation, pour répondre à des questions qu’ils ne savent pas résoudre ; c’est la pluridisciplinarité avec toutes ses limites : une juxtaposition de spécialistes sans liaison entre eux, sans projet commun, sans cohérence globale.

 

La première étape pour parvenir à l’approche globale est une organisation en réseau. La recherche environnementale a donné lieu à différentes approches globales à travers le monde, comme le « Processus de Conception Intégrée » (PCI), développé au Canada, l’integrated design aux États-Unis ou l’integral planning en Allemagne. Il s’agit d’approches globales appliquées à la conception de villes et de bâtiments durables, fondées sur la coordination très en amont de spécialistes.

 

Tous les partenaires susceptibles d’influer sur le projet apportent ensemble leur contribution et s’entendent sur les objectifs dès la conception du projet.

 

Pour faire émerger la nouvelle architecture, il faut prendre en compte la nouvelle culture en marche, celle du métissage. L’architecture ne sera plus le produit de concepteurs séparés mais d’un ensemble de partenaires composé d’acteurs porteurs de plusieurs savoirs, parlant plusieurs « langages techniques », comprenant plusieurs langages culturels, travaillant en permanence ensemble, motivés et liés par le même objectif. La beauté ne sera plus un effet de mode éphémère et artificiel. La forme architecturale deviendra aussi le résultat de contraintes environnementales : l’ingénieur deviendra un peu architecte et l’architecte un peu ingénieur. C’est l’étape nouvelle du métissage des savoirs en cours actuellement dans tous les grands laboratoires des pays développés, dans la médecine holistique, dans la recherche automobile et dans l’aviation, qui gagne aujourd’hui les intervenants du cadre de vie.

 

Les maîtres d’ouvrage ont bien saisi l’avantage qu’ils pouvaient tirer de cette organisation. Comme cela a toujours été le cas dans les grandes cultures, la ville sera le reflet des progrès de l’organisation, de l’intelligence collective et  métissée d’une nouvelle société.

 

 

Nicolas Chabanne, Architecte

Chabanne & partenaires architectes

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