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Loin du bureau, une chance pour les territoires ?

Loin du bureau, une chance pour les territoires ?


La crise que nous traversons nous a obligés à modifier nos manières de travailler, et notamment de recourir massivement au télétravail, partout où cela était possible. Cette situation permet de réaliser un test de grande ampleur et d’analyser les avantages, mais aussi les limites du travail à distance. L’attrait des entreprises pour le télétravail s’est développé bien avant cette crise pour des raisons diverses : l’évolution des technologies de l’information et du transfert de données ; les difficultés croissantes de transport dans les grandes agglomérations ; le coût de plus en plus prohibitif des loyers dans ces mêmes agglomérations qui concentrent une grande partie des emplois.

Les débats autour du télétravail se sont ainsi focalisés sur les aspects juridiques liés au droit du travail notamment, aux questions de sécurité compte tenu du risque cyber de plus en plus prégnant, et enfin à l’adaptation des outils informatiques permettant une dématérialisation et donc une possibilité de transfert de donnée et de communication plus grande. Mais la crise sanitaire met aujourd’hui en lumière un sujet souvent minimisé dans nos réflexions collectives : l’individu et ses limites physiques comme psychologiques. Il semble en effet, comme l’attestent les sociologues du travail et les experts de la prévention des risques, que le travail à distance et surtout à domicile soit perçu de manière totalement différente par les individus.

Les uns peuvent y voir un confort et un gain de temps de transport là où d’autres le vivent plus mal du fait d’une perte de vie sociale au bureau et d’une confusion entre la sphère privée et la sphère professionnelle. L’éloignement physique de son lieu de travail peut aussi entraîner une certaine perte de motivation, habituellement favorisée en partie par le management direct et la vie collective au travail. Pour nombre de personnes, c’est un besoin et une source d’équilibre. Une telle affirmation ne peut bien entendu pas s’appliquer à tous les métiers et toutes les personnes. Il existe en effet une grande diversité des situations, des personnalités, des appréhensions.

Mais il apparaît qu’il existe un désir contradictoire entre le souhait de ne pas subir les contraintes liées à la présence physique sur son lieu de travail et le plaisir que l’on peut trouver dans cette vie au bureau qui, cela pourra surprendre certains lecteurs, peut contribuer largement à l’équilibre personnel. Est-il dès lors possible de concilier ces deux aspirations ? C’est ici que nos territoires pourraient prendre toute leur place.

Pourquoi ne pas lancer un grand plan de développement de nos territoires qui programmerait, dans un volet dédié au redéploiement de l’activité économique, la mise en place de centres de télétravail, modernes, connectés, et de haute qualité environnementale (HQE) ? Ce mode d’organisation permettrait en partie de désengorger les grandes villes, de revitaliser les territoires, d’optimiser la qualité de vie.

Redonner aux territoires ce regain d’activité économique leur permettrait de lutter plus efficacement contre les déserts médicaux par exemple, mais aussi de réduire les difficultés de transport, domaine qu’il faut intégralement repenser.

La crise nous a frappé et nous frappe encore, mais elle doit nous conduire à mettre notre intelligence collective au service d’initiatives d’avenir pour construire ensemble notre monde de demain. Les grandes villes y auront toujours une place importante mais profitons de la chance de disposer d’un pays vaste et aux régions aussi belles que variées pour faire aussi de nos territoires des lieux alliant efficacité économique et qualité de vie.

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