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3 questions à Pierre-Eric Spitz

3 questions à Pierre-Eric Spitz

Régulièrement, le Who’s Who donne la parole à une personnalité. Le principe est simple : 3 questions, 3 réponses.
Quelques mots ou plusieurs lignes, libre à chacun d’y répondre selon son inspiration.

 

Agrégé de philosophie, passé par Sciences-Po et l’Ena, il a été professeur de philosophie, juge administratif, chargé de mission au Conseil constitutionnel, conseiller technique aux cabinets d’Elisabeth Guigou et Raymond Forni et directeur des affaires juridiques de la Ville de Paris. En 2013, Pierre-Eric Spitz est devenu directeur général de la Société d’exploitation de la Tour Eiffel.

 

 

 

- De quoi êtes-vous le plus fier dans votre carrière ?
Je suis fier de ne pas m’être laissé enfermer dans une seule et même voie ! Tour à tour professeur de philosophie, juriste puis chef d’entreprise… Je suis fier d’avoir servi quelques années Robert Badinter au Conseil constitutionnel. Il ne m’a pas appris le droit mais le sens que ça peut avoir d’en faire; mais fier ;aussi d’avoir porté le PACS au cabinet d’Elisabeth Guigou et l’expérience irremplaçable de la vie parlementaire ;  très fier aussi d’avoir défendu pendant treize années la Ville de Paris pour des projets qui en valaient la peine et qui honorent Bertrand Delanoë : Vélib, Autolib, les voies sur berges, la fondation LVMH dans le bois de Boulogne ou le stade Jean Bouin.
Et comment ne pas être fier d’être aujourd’hui le directeur général de la Tour Eiffel ? Des gens me demandent « Ah bon ! Il y a un directeur général à la Tour ? » Je réponds oui, j’essaye de la faire tenir debout ! Etre chef d’entreprise c’est d’abord comprendre le sens du travail, par lequel on existe socialement, c’est-à-dire par lequel on existe tout court ; c’est ensuite perdre patience parce que tout est trop lent, le changement, l’innovation, le dialogue ; mais c’est aussi retrouver le sens du temps et des réalisations même microscopiques, de la confiance restaurée ; des gens qui vous sourient le matin… Enorme déjà !
 


 

- Quel(s) autre(s) métier(s) auriez-vous aimé exercer ?
J’aurais aimé être menuisier ou jardinier… Le rapport au monde tel qu’il existe matériellement et tel qu’il résiste m’a manqué… Menuisier parce que c’est travailler de ses mains et de sa tête avec la fierté d’un objet façonné par son habileté ; jardinier pour savoir comment le monde va et comment à chaque seconde sa beauté nous éblouit ; pour savoir greffer et tailler, pour faire de la différence là où plus personne n’en fait… On ne dit pas « des fleurs », car ce sont les absentes de tout bouquet,  mais des freesias, ou des strelitzias... J’aurais aimé que ces professions, menuisier ou jardinier, augmentent mon vocabulaire, ce qui aurait augmenté ma réalité. Je suis sûr que le monde de celui qui sait ce qu’est une gouge n’est pas le même que celui qui ne le sait pas… Il m’aura manqué des mondes…

 

 

- Avez-vous un ou des modèles ? Une personnalité qui vous a inspiré ?
Oui des modèles, un professeur de philosophie parce qu’il était fragile et dépassé par la vie, Badinter parce qu’il était intelligent, inventif, intransigeant, Christian Vigouroux pour sa pertinence, son humour, sa droiture et son coup d’œil…

 

- Question subsidiaire : Quelle question auriez-vous aimé que l’on vous pose ? Quelle en serait la réponse ?
Et l’amour alors dans la vie ? J’aurais répondu : c’est une joie et c’est une souffrance.


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