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Michel ROCARD

Michel ROCARD

« L’ouverture est un long fleuve tranquille et puissant » : Claude Guéant lui-même le reconnaît, non sans une certaine malice. Après avoir appuyé la candidature de Dominique Strauss-Kahn au FMI et envoyé Jack Lang à La Havane en tant qu’émissaire spécial, Nicolas Sarkozy a donc nommé Michel Rocard ambassadeur de France… au pôle Nord. Moins de deux mois après avoir pris sa retraite d’eurodéputé, l’ancien Premier ministre de François Mitterrand, 78 ans et le débit toujours aussi rapide, troque donc sa cape d’éléphant socialiste pour une plus simple et chaude… doudoune. Spécialiste de la protection de l’Arctique, où il s’est encore rendu en février, Michel Rocard sera en première ligne à la conférence des Nations Unies sur le climat prévue à Copenhague en décembre prochain. Fonte des glaces, attrait du pétrole et position stratégique : les risques pour ces régions inhospitalières sont bien réels, et pourraient affecter l’état global de l’environnement. Jacques Chirac avait dit à Johannesburg : « La maison brûle […] ». Mieux vaut donc en effet préserver le toit et le plancher du monde. Si le pôle Nord est menacé, c’est aussi parce que, contrairement à l’Antarctique, il n’est pas encore protégé par un traité international. De quoi alimenter les convoitises, d’autant plus qu’une étude de 2008 de l’US Geological Survey a révélé qu’un cinquième des réserves potentielles du globe en hydrocarbures (pétrole et gaz) pourraient dormir sous sa banquise. Or, les pôles sont à la fois le révélateur et la mémoire des climats de notre planète. L’Année polaire internationale (API) qui vient de s’achever ou les expositions récurrentes sur le sujet (celle du Musée des Arts et métiers court jusqu’au 30 avril) sont là pour nous rappeler que la planète bleue dépend aussi de son plus grand désert blanc.


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